NF C 15-100 : ce qui change

La norme NF C 15-100, qui régit toutes les installations électriques basse tension en France, a connu sa première refonte d’ampleur depuis 2002. La nouvelle version a été publiée en août 2024 et est devenue d’application obligatoire au 1er septembre 2025 pour toute nouvelle installation, extension ou rénovation significative. Voici ce qu’il faut en retenir, en particulier pour les logements parisiens.

Une norme éclatée en 21 textes

Le premier changement est structurel. La norme unique de 2002 a été remplacée par une série de 21 normes distinctes, regroupées sous l’appellation NF C 15-100-X. L’idée est de pouvoir mettre à jour chaque domaine (logement, bornes de recharge, salles d’eau, piscines, efficacité énergétique…) indépendamment, sans devoir tout réviser à chaque évolution technique. Pour le particulier, l’effet pratique est que votre électricien doit désormais consulter plusieurs textes selon la nature des travaux.

Le détecteur d’arc fait son entrée

C’est l’une des nouveautés concrètes les plus visibles. Les dispositifs de protection contre les défauts d’arc (DPDA), aussi appelés détecteurs d’arc, sont désormais recommandés sur les circuits prises, jusqu’à 63 A, dans les lieux dits « critiques » — typiquement les chambres et les pièces à risque. Leur rôle : détecter les arcs électriques provoqués par un câble dénudé, une prise endommagée ou une fiche mal sertie, qui sont à l’origine de nombreux incendies domestiques. Ils ne sont pas obligatoires en logement, mais leur installation est encouragée lors d’une rénovation.

Un nouveau type de différentiel : le type F

À côté des classiques différentiels A et AC, la norme officialise le différentiel de type F. Plus tolérant aux déclenchements intempestifs causés par les appareils à variateur de fréquence, il est tout indiqué pour les circuits qui alimentent une pompe à chaleur, une climatisation réversible, une pompe de piscine ou un lave-linge à variation de vitesse. Si vous installez l’un de ces équipements, votre électricien posera sans doute un type F sur le circuit dédié.

Les bornes de recharge enfin cadrées

L’ancien guide UTE relatif aux infrastructures de recharge pour véhicules électriques (IRVE) est intégré dans la nouvelle norme, sous la référence NF C 15-100-7-722. Les principaux apports : un circuit spécialisé obligatoire pour chaque point de charge, une protection par différentiel 30 mA dédié, et un dimensionnement des câbles aligné sur la puissance réelle de la borne. À Paris, où les bornes en parking d’immeuble se multiplient, c’est devenu un sujet récurrent en copropriété.

Le parafoudre devient (presque) la règle

La distance qui déclenche la recommandation d’un parafoudre supplémentaire est passée de 30 mètres à 10 mètres. En clair : si un équipement sensible (box, électroménager connecté, alarme) se trouve à plus de 10 mètres du tableau, un second parafoudre est conseillé. Et si vous installez un parafoudre sur le circuit de puissance, il devient obligatoire d’en poser également un sur le réseau de communication cuivre.

L’efficacité énergétique entre dans la norme

La partie NF C 15-100-8-1, entièrement nouvelle, introduit des recommandations sur la conception énergétiquement efficace des installations : gestion de l’éclairage, pilotage du chauffage, prise en compte de l’autoconsommation solaire. Ces dispositions sont incitatives pour le résidentiel, mais elles préparent le terrain à des exigences plus strictes dans les années à venir.

Photovoltaïque : fin des kits « plug-and-play »

Disposition à connaître si vous envisagez du solaire : il est désormais interdit de raccorder un panneau via une simple prise murale. Toute installation photovoltaïque doit être reliée directement au tableau par un professionnel, avec les protections adaptées. Les kits de balcon en prise classique sortent du cadre normatif.

Faut-il mettre son installation à jour ?

Non, la norme n’est pas rétroactive. Une installation conforme à la version précédente reste légale tant qu’elle n’est pas modifiée. En revanche, dès lors que vous engagez des travaux — rénovation d’une cuisine, changement de tableau, ajout d’un circuit pour une borne de recharge — la partie touchée doit respecter la version 2024. Un diagnostic préalable permet de savoir précisément ce qui est concerné et d’éviter les mauvaises surprises au moment du contrôle Consuel.